J’ai un jour entendu parler d’une anecdote concernant une « célébrité » du monde évangélique. Il a littéralement « explosé » de colère, jusqu’à en devenir incontrôlable, lorsque quelqu’un a osé remettre en cause son ministère. Une situation embarrassante, certes, mais on a excusé sa réaction. En fait, c’est la personne qui l’avait dénoncé qui a reçu le blâme. Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Au contraire, ils sont assez courants – tant chez les chrétiens que chez les non-chrétiens. Qui sommes-nous pour douter de la formation spirituelle d’un responsable ? Et cette question peut être facilement transposée dans toutes les sphères de la société : politique, commerce, loisirs, éducation. Surtout si la personne incriminée se déclare publiquement chrétienne. Pourtant, nous ne pouvons pas passer à côté de ces faits.

Ce qui est triste dans ces « échecs », c’est qu’il ne s’agit pas uniquement d’une question de comportement : les actions révèlent le cœur et la vie intérieure. On découvre qui cette personne était en réalité, on commence à discerner les fardeaux qu’elle a certainement dû porter pendant des années, on se demande quelle a pu être sa relation avec Dieu. S’efforcer de changer notre comportement sans transformation intérieure est à l’origine de la superficialité qui caractérise l’Eglise occidentale d’aujourd’hui. Si, au contraire, nous cherchons activement et constamment la grâce de Dieu par le biais du salut et de la transformation, nous serons progressivement transformés à l’image de Christ. La métamorphose de notre vie extérieure, plus particulièrement de notre caractère, suivra d’elle-même. Jésus a dit : « Un bon arbre ne produit pas de mauvais fruits. » (Luc 6.43)

Si nous voulons grandir spirituellement en Christ, il nous faut comprendre et mettre en œuvre le processus général qui permettra que nos efforts résultent en une transformation de l’être : une vision, une intention et des moyens appropriés. Si ce programme VIM n’est pas correctement agencé, Christ ne pourra pas être formé en nous.

Lorsque nous faisons des choses que nous regrettons par la suite (surtout lorsque cela se passe publiquement ou qu’elles sont révélées sans prévenir), il nous arrive bien souvent de jurer vouloir changer. Il est probable que le responsable mentionné un peu plus haut ait secrètement regretté ses actions. Néanmoins, lorsque l’autre personne a été reprise, cela n’a fait que l’encourager dans sa colère… et dans la voie qu’il avait choisie. Peut-être s’en est-il voulu de s’être emporté de cette manière, peut-être a-t-il imploré Dieu pour la xième fois de le changer. Mais ce genre de regret a peu de chances de nous changer.

Imaginons un scénario alternatif. Ce responsable va trouver des amis qui l’aiment vraiment. Ensemble, ils définissent les disciplines spirituelles qui pourront l’aider à arrêter d’aborder la vie avec colère et mépris. Peut-être qu’en se représentant la vie du Royaume (celle où on choisit de ne pas imposer sa volonté – voir défis précédents), il est motivé pour aller jusqu’au bout, car il sait que ceux qui l’aiment le soutiennent. Peut-être qu’à la fin, il devient une personne qui accueille la critique. Ses efforts auraient payé.

Défi pratique :

I) Lecture :

Discipline de méditation et d’étude : chaque jour de la semaine mâchonner, suffisamment longtemps, un des thèmes suivant par la lecture des passages proposés. (pas plus d’un thème par jour). Pour vous aider posez-vous les questions de la section réflexion :

  • Les colères méprisantes (Mat 5.21-26; Col 3.8)
  • La concupiscence (Mat 5.27-30; Col 3.5; Rom 13.13-14)
  • Le rejet des autres (Mat 5.31-32; Col 3:11;18-19)
  • Les manipulations verbales (Mat 5.33-37; Col 3.9)
  • La vengeance (Mat 5.38-42; Rom 12.17-19)
  • La haine (Mat 5.43-47; Rom 12.20-21; 13:10)

II) Réflexion :

Réfléchissez un moment aux choses que vous aimeriez changer chez vous, surtout celles qui vous permettraient de refléter la compréhension, les sentiments, les décisions et le caractère de Christ. Vous pouvez les écrire. Ensuite, demandez à Dieu sa sagesse avant de parcourir votre liste :

  • Qu’est-ce que ces éléments m’apprennent sur la personne que j’ai été jusqu’à présent ?
  • À quoi ressemble ma vie intérieure ?
  • En quelle mesure est-ce que j’en souffre ?

Décrivez à Dieu quel genre de personne vous aimeriez être intérieurement et quel type de relation vous aimeriez avoir avec lui.