Dans la démarche de mourir à nous-même, une des difficultés consiste à apprendre à faire la différence entre désirer ce qui est bon et désirer que ça se passe comme on le veuille. N.D.E. : Cela n’est pas toujours la même chose dans une âme restauration, et c’est très souvent contraire dans une âme en ruine. Les deux désirs d’ailleurs coexistent plus ou moins joyeusement dans une personne, le niveau de déchirement de l’âme dépendant du niveau de conscienciosité (trait psychologique) initial qui varie d’un individu à l’autre.

Dans chaque controverse, les enjeux de part et d’autre sont importants et il nous faut les défendre. Et c’est bien naturel. Malheureusement, il arrive trop souvent que le mépris et la colère qui naissent de ces conflits reflètent notre désir d’imposer notre volonté. Les luttes mortelles entre familles, églises, communautés, les conflits entre nations pourraient être facilement résolus, si chacun arrêtait de chercher son propre intérêt. « Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul », dit Jésus. « S’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. » (Jean 12.24-25)

Devons-nous donc faire taire nos sentiments ? Que du contraire. Les apprentis de Jésus peuvent être perturbés, ils peuvent même ardemment désirer des choses, mais ils ne sont pas déstabilisés par le fait d’avoir remis leur vie dans les mains d’un autre.

Accepter avec confiance qu’en Dieu, nous ne devons pas contrôler nos vies nous libère du lourd fardeau de la colère, de la rancune et du « besoin » de faire payer ceux qui nous blessent. Cela traduit déjà en soi une profonde transformation de nos vies. En vivant de cette manière, nous participons à la réduction du mal au sein de l’humanité.

Jésus a dit : « Je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. » (Matthieu 5.39) De tels enseignements présupposent que nous avons déposé le fardeau de tout contrôler. Pour comprendre cette parole, nous devons accepter de nous oublier afin de nous confier en Dieu et de vivre sa présence qui comble nos vies. Lorsque nous commençons à marcher avec Jésus sur le chemin de la mort à nous-mêmes, nous sommes immédiatement libérés de l’emprise du péché qui domine notre personnalité. Nous avançons vers la restauration complète de notre âme, jusqu’à ce qu’elle produise la bonté. Nous avons accès à une puissance surnaturelle (Psaume 84.7).

Mes premières impressions sur « la mort à moi-même » étaient assez morbides. Mais lorsque j’ai commencé à méditer sur ce que la Bible disait à ce sujet, j’ai vu que tous ces passages pointaient vers la possibilité de vivre une nouvelle vie, une vie éternelle. Le grain de blé meurt, mais il porte plein de fruits. Si les disciples de Jésus détestent (ou plutôt, s’ils préfèrent la vie de Dieu par rapport à) leur vie, ils vivront pour l’éternité (Jean 12.24-25). Pour ceux qui ont été crucifiés en Christ, Christ vit en eux. Ils vivent dans la foi au Fils de Dieu (qui s’oppose à une foi morte – Galates 2.20). J’ai découvert que la mort à moi-même se faisait par étape. Chaque jour un peu plus. Chaque fois, j’expérimente un peu plus de cette vie éternelle fructueuse qui vient d’en haut – ici et maintenant, sur terre.

Après quelques temps, cette vie désintéressée commence à faire sens. Il nous semble idiot de rendre le mal pour le mal : quel résultat positif cela peut-il avoir ? Et si nous arrêtions de combattre le feu par le feu mais, au contraire, décidions de renverser un grand seau d’eau dessus ? La vie devient plus agréable, plus intéressante. Le fardeau s’allège au fur et à mesure. Alors que je dépose les armes, tout m’est donné : « une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde » (Luc 6.38). 

Défi pratique

Réfléchissez aux situations qui déclenchent les pires comportements de vanité chez vous. Avez-vous tendance à vous mettre en avant lorsque vous êtes entouré(e) de personnes qui vous rabaissent ? qui sont autoritaires ? qui ont des opinions opposées aux vôtres ? qui vous regardent de haut ? Si vous n’êtes pas empêtré dans l’une de ces situations en ce moment, comment pourriez-vous prier pour la manière de les vivre à l’avenir ? Comment pourriez-vous prier pour les personnes qui y sont généralement liées ? Comment pourriez-vous désirer le bien dans leurs vies ? Quelle prière feriez-vous pour demander à Christ de lui ressembler toujours un peu plus ?

Lectures proposées

Relecture du sermon sur la montagne dans Matthieu.
Cette semaine, lisez 3 fois ces chapitres.

  • Matthieu 5-7