Si nous voulons reprogrammer les six dimensions de notre vie humaine (cœur, pensées, les émotions, le corps, le rapport au prochain, l’âme) afin de les soumettre entièrement à Dieu, nous devons renoncer à nos droits. Ce renoncement, généralement appelé « abnégation », ne signifie en aucune façon que nous devons rejeter qui nous sommes. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’enchaîner les efforts surhumains pour contrer notre volonté. Au contraire, l’abnégation est une condition de vie qui s’ancre dans le Royaume de Dieu. On la décrit également comme la « mort à soi-même ». Si nous ne mourons pas à nous-mêmes, nous ne pourrons pas grandir spirituellement.

Nous devons perdre notre vie – vous savez, cette vie gâchée qui nous frustre, en réalité. Jésus dit : « Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera » (Matthieu 10.39). Relisons ce verset en remplaçant le mot « vie » par « âme » (même mot en Grec) Notre existence ne devrait pas tourner autour de notre survie : nous ne sommes pas des dieux. Une vie désintéressée nous permet d’enfin devenir ce que nous avons toujours désiré : des êtres sincères, transparents et utiles aux autres, des personnes qui aiment jusqu’à se sacrifier, et tout cela avec joie. Nos vies sont alors amalgamées dans celle de Dieu et nous recevons « la vie et la paix » (Romains 8.6) parce que nous sommes en Dieu.

Si nous ne voulons pas tomber dans l’illusion qui caractérise les discours sur l’estime de soi, il nous faut rester réalistes. Lorsqu’Il fait entrer dans nos vies la réalité du Royaume de Dieu, Jésus nous donne en abondance tout ce dont nous avons besoin pour donner et pardonner. Tout est accessible à celui qui se confie en lui. Lorsque nous aimons Dieu, que nous contemplons et nous nous confions en sa grandeur et en sa bonté, lorsque nous vivons régulièrement des moments où Il prend soin de nous, nous sommes libérés du fardeau de veiller à notre survie.

En faisant cela, notre quotidien sera complètement transformé. J’ai pris l’habitude de remettre entre les mains du Seigneur chaque nouvelle journée qui commence en méditant et en priant le Notre Père ou le Psaume 23. Tandis que les heures avancent, je considère tout ce qui m’arrive comme envoyé, ou du moins permis, par Dieu. J’accueille tout, car je sais que je suis en sécurité dans Sa main. Je ne dois plus m’inquiéter de rien – ni du temps qu’il fera, ni des gens que je rencontrerai aujourd’hui.

La notion de « mort à soi-même » est radicalement opposée au message de notre culture qui nous invite à exagérer nos succès professionnels et à nous montrer sous notre meilleur jour. Premièrement, nous devons comprendre que, pour grandir spirituellement, un disciple de Jésus doit cesser de chercher l’approbation des autres. Ensuite, nous devons croire (même si c’est difficile) que Dieu nous offre une vie riche, dans laquelle nous ne manquons de rien. Nous serons alors délivrés des discours dans lesquels nous affirmons ne pas vouloir être riche, mince ou posséder une belle voiture. Nous aurons la paix du cœur parce que nous serons en symbiose avec Dieu. En fait, nous nous sentirons mieux que jamais.

Défi pratique

Prenez le temps de calmer vos pensées et de faire vôtre les versets 1 à 3 du Psaume 23. Imaginez-vous ce mouton dans son pré vert. Il n’est pas en train de brouter. Au contraire, il est tellement rassasié qu’il peut se reposer sans penser à la prochaine bouchée. Méditez ces versets en y insérant quelques détails de votre vie.

Interrogez-vous : le Seigneur est-Il vraiment mon berger aujourd’hui ? Peut-être ai-je tout ce dont j’ai besoin. Peut-être le Seigneur va-t-il me conduire vers de vertes prairies, même si je ne m’en rendrai pas compte tout de suite. Peut-être aurai-je l’impression qu’il me manque quelque chose, alors que tout est déjà à ma portée. Je comprendrai plus vite si je me repose (je me couche) en Dieu. Les eaux paisibles attendent que je m’y abreuve. Peut-être qu’aujourd’hui, j’ai besoin de me baisser et de boire.

Dieu restaure mon âme en peine aujourd’hui. Elle est plus forte que jamais. Si je doute, Dieu me guidera sur le bon chemin. Peut-être que je ne m’en rendrai pas compte tout de suite, mais je peux me confier dans le nom de l’Eternel, je peux m’appuyer sur Sa présence et croire en Sa puissance dans ma vie aujourd’hui.

Lectures proposées

  • Psaume 23.1-3 (mémorisation + méditation)
  • Matthieu 6 :9-10 (mémorisation + méditation)

Qu’est-ce que cela signifie, pour aujourd’hui, que l’Eternel est mon Berger ? Qu’est-ce que cela signifie, pour aujourd’hui, de prier « que ton règne vienne, que ta volonté soit faite » ?