Pour être capable d’emprunter un nouveau chemin, l’âme doit au préalable désirer reconnaître sa misère spirituelle. Ce n’est qu’alors qu’elle pourra suivre le sentier de la vie éternelle qui fera en sorte qu’elle soit transformée à l’image du Christ. Cette transformation n’est pas une option supplémentaire au don de la vie éternelle. C’est le chemin même qui conduit une personne à un type de vie qui vient de l’éternité.

Lorsque l’on parle de formation spirituelle, il ne s’agit pas d’« améliorer » une vie que nous mènerions comme tout un chacun, loin de Dieu. Non, il s’agit ici de développer un autre type d’existence, qui vient de Dieu lui-même. Cette vie devient la nouvelle réalité de ceux qui croient que Jésus est l’Oint, le Fils de Dieu. Ceux qui sont « en Christ » (c’est-à-dire ceux qui sont intégrés à sa vie et à ses actions par le don de la nouvelle naissance qui vient d’en haut) « sont une nouvelle création. Le « passé » ne compte plus, seul le présent importe. » (2 Corinthiens 5.17, paraphrase). Dans cette nouvelle création, se trouve le bien à l’état pur qui est seul capable de renouveler le cœur en profondeur.

Il semble parfois que confesser Christ aujourd’hui n’est pas si souvent accompagné d’une réelle tristesse concernant notre nature ou nos actions passées. Les chrétiens parlent souvent d’être « brisés », en faisant généralement allusion aux blessures et aux souffrances qui leur ont été faite. Ils ne prennent que peu en considération le mal qui est en eux. Peu de nos contemporains ont réellement saisi l’étendu de leurs erreurs, et n’arrivent pas à s’en échapper ou à éviter les conséquences.

Pense-t-on cela de nous régulièrement ? : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Eternel des armées » (Esaïe 6.5), nous dit un texte plein de sagesse. Nous devons prendre conscience de notre misère intérieure, nous devons évaluer sincèrement nos vies et leur donner une nouvelle direction. Et oui, nous devons nous confronter à tous les aspects amers que cette analyse mettra en lumière. Sans cela, nous ne trouverons pas la voie de la transformation intérieure. Au contraire, nous continuerons de régner sur notre petit univers, peut-être même y ajouterons-nous une petite touche de « Dieu » ça et là.

Devenir un « meilleur chrétien » ne signifie pas créer une meilleure version de nous-même ou nous impliquer davantage au sein de notre église locale. Certes, si ces choses peuvent se produire, elles ne doivent en aucun cas nous servir d’objectifs. La vie d’en haut est complètement différente, elle peut même sembler étrange aux yeux de plusieurs. Il ne s’agit pas de faire grandir son estime de soi ou de faire bonne impression. Il nous faut comprendre que nous n’allons pas bien, que nous sommes en danger. Ceux qui sont plongés dans la vie de Dieu manifestent une puissance et un caractère étrangers aux habitudes de ce monde. Ils savent qu’ils ne sont que poussière (Psaume 103.14) et se sont attachés à la vie qui est la « lumière des hommes » (Jean 1.4).

Défi pratique

Méditez sur Esaïe 6.1-8 en faisant preuve d’imagination. Le roi Uzziah vient de mourir et la présence d’un prophète est plus que nécessaire. Imaginez-vous comme un jeune adulte, un proche de la famille royale, à qui apparaît la vision du Seigneur assis sur un trône si haut que les pans de sa robe remplissent le temple – de sorte que le temple semble rempli de fumée. Des créatures munies de six ailes crient les unes aux autres : « Saint, saint, saint es l’Eternel des armées ! Toute la terre est pleine de sa gloire ! » (v.3) Vous sentez le sol trembler sous vos pieds, la fumée s’élève autour de vous (imaginez une fumée épaisse, comme lors d’un barbecue ou d’un concert).
A la vue de toute cette majesté, vous comprenez que votre âme est perdue, que vous cherchez constamment à monter sur ce trône. Vous vous jetez à terre en vous écriant : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Eternel des armées. » (v.5)

Cela vous étonne-t-il d’apprendre qu’Esaïe va ensuite être plongé dans la vie de Dieu, qu’il sera au cœur de ses actions, qu’il répond : « Me voici, envoie-moi » (v.8) ? Rejouez-vous la scène plusieurs fois, préparez-vous à en apprendre davantage sur la formation spirituelle dans les prochains défis.

Lectures proposées

  • Isaïe 6.1-13
  • Isaïe 64.1-11
  • 2 Chroniques 7.1-22
  • Luc 5.1-11
  • Luc 18.9-17
  • Proverbes 29.23 (mémorisation)