A l’heure actuelle, l’un des plus grands obstacles à une formation spirituelle efficace est notre incapacité à comprendre et à reconnaître l’état de notre âme (notre vie au sens le plus englobant). Avant de nous lancer dans quoi que ce soit, il nous faut vraiment prendre conscience de là où nous en sommes.

Dans nos milieux on a tendance à pointer du doigt les « gros péchés » définis selon les standards d’acceptabilité de notre culture. S’il n’est pas rare, en particulier aux Etats-Unis, d’avoir des échos que l’un ou l’autre pasteur a été rejeté par son Eglise pour inconduite sexuelle ou abus de pouvoir. Pourtant, ces « gros péchés » sont loin d’être les seuls problèmes à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise. La vanité, l’ego, l’animosité, la peur, l’indifférence et la méchanceté pure et simple se retrouvent chez la plupart des personnes s’affichant chrétiennes. Ajoutons qu’on n’observe pas automatiquement les qualités inverses dans la majorité des groupes chrétiens. En outre, les rares individus incarnant ces opposés (pureté et humilité sincères, absence d’égoïsme, libération de la colère et de l’esprit d’abattement) seront tout de suite identifiés comme gênants. Ils représenteront une entrave permanente dans la vie du groupe et seront visés personnellement étant donné qu’ils ne vivront pas selon les mêmes normes que les autres membres.

Paul décrit l’état d’une âme en ruine :

« Il n’y a point de juste, pas même un seul ;
Nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu ;
Tous sont égarés, tous sont pervertis ;
Il n’en est aucun qui fasse le bien, pas même un seul ;
Leur gosier est un sépulcre ouvert ; ils se servent de leurs langues pour tromper ; ils ont sous leurs lèvres un venin d’aspic ;
Leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume ;
Ils ont les pieds légers pour répandre le sang ;
La destruction et le malheur sont sur leur route ;
Ils ne connaissent pas le chemin de la paix ;
La crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux. »
(Romains 3.10-18)

L’apôtre résume l’origine du mal humain comme ceci : « La crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux. » Lorsque Dieu n’est pas dans le cœur et l’âme, l’intellect devient dysfonctionnel, tentant vainement d’établir une « vérité » compatible avec le mensonge de base que l’homme, et pas son créateur, est dieu (comprendre indépendant). Ensuite, les affections (sentiments, émotions et même les sensations) vont à leur tour suivre ce chemin de chaos.

Ainsi, avant d’entreprendre tout processus de transformation spirituelle, nous devons comprendre que, pour beaucoup, nos âmes sont en ruine. Il nous faut accepter, avec reconnaissance et humilité, cette réalité et l’appliquer à nos vies. Le prophète Jérémie annonce, par exemple : « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : qui peut le connaitre ? » (17.9) Notre cœur doit reconnaitre que ce verset parle de nous. Sans cela, aucune formation spirituelle à l’image de Christ ne pourra se faire.

Pensez à une connaissance qui incarne une pureté et une humilité sincère, l’altruisme, la liberté face à la colère et à l’esprit d’abattement. Généralement, ce genre de personne ne possède aucun trait des « célébrités » chrétiennes. La plupart du temps, elles sont ignorées, même par les chrétiens. Il leur arrive de poser des questions que nul ne veut aborder, mais il est difficile de les faire taire parce qu’elles posent ces questions avec douceur et bonté. Elles ne vivent pas selon les mêmes critères que la culture environnante et cela peut en perturber plus d’un.

Défi pratique

Si possible, prenez contact avec une personne de ce genre, ou contactez quelqu’un qui en connait une. Demandez-lui : « Quelle est la chose la plus importante pour toi ? Pourquoi ne cherches-tu pas à être au centre des attentions ? Quel conseil pourrais-tu me donner ? »

Si vous ne pouvez pas contacter la personne, prenez quelques instants pour consigner par écrit vos réponses aux points suivants :

• Qu’est-ce qui vous a attiré chez cette personne ? Avez-vous ignoré cette personne, comme beaucoup d’autres l’ont fait ? Pourquoi ?
• Peut-être avez-vous vous-mêmes agit de manière désintéressée de temps à autres. Si c’est le cas, qu’est-ce qui vous a poussé à agir de la sorte, d’où est-ce que c’est venu ?
• Demandez à Dieu là où vous en êtes vraiment. « Seigneur, qu’est-ce que je dois savoir sur moi-même ? »

Puis parlez à Dieu de votre âme en ruine : le manque de pureté, d’humilité sincères et de générosité, ainsi que la présence de colère et de l’esprit d’abattement constant. Remerciez Dieu pour l’image de Christ telle que décrite dans le Nouveau Testament et pour le fait que Jésus rend possible notre transformation.

Lectures proposées

  • Jérémie 17.5-10
  • Psaumes 118.1-18
  • Psaumes 1.1-6 (rappel mémorisation)
  • Isaïe 31.1-9 (Etude/lecture tropologique)
    • Exemple : La figure « Egypte » est utilisée dans le texte à la fois pour parler d’un lieu de richesses et de puissances terrestres, loin de Dieu, et, en même temps un lieu qui rend esclave. L’effet engendré par son usage figuré est de faire réfléchir en quoi est-ce que le peuple place son espérance : Dans la puissance des hommes qui rendent esclaves ou dans le bras de l’Eternel qui libère et restaure.
      Lecture tropologique : Et moi c’est où/quoi mon Egypte
    • Cherchez les autres figures et procédez de mêmes.