Le but principal de la formation spirituelle n’est pas d’apprendre à comment bien nous comporter. Bien entendu, on remarque que ce sont des actes qui causes les malheurs du monde. Cependant ces comportements ne sont que la conséquence de la véritable horreur : un cœur mauvais d’où proviennent de terribles actions. Ce sont les personnes que nous sommes en pensées, dans nos sentiments, nos dispositions et nos choix – la vie intérieure – qui l’alimentent et le définissent. Une profonde transformation au niveau du cœur de l’homme, d’où jaillisse les actions, est l’unique moyen de conquérir définitivement le mal public.

Il est difficile de garder cet objectif en vue. Chaque fois que l’on concentre nos efforts sur les actions et que l’on oublie que la transformation doit prendre place au niveau du cœur, nous stagnons spirituellement. Nous lisons, l’amour est patient et bon (1 Corinthiens 13.4) ; alors nous essayons, à tort, d’aimer en agissant avec patience et bonté… et nous échouons vite. Bien sûr que nous devrions toujours faire de notre mieux dans nos actions, mais nos progrès dans ce domaine seront bien maigres tant que nous n’aurons pas avancé sur la question de l’amour lui-même. On peut définir l’amour comme la disposition et le désir profonds et sincères de rechercher le bien des autres. Le progrès doit commencer là sous peine de voir notre patience et notre bonté vides de sens ou, au grand mieux, vite envolées.

C’est l’Amour lui-même (pas l’action d’aimer, ni même le désir ou l’intention de le faire) qui a la puissance de « tout pardonner, croire, espérer, supporter, de ne jamais mourir » (1 Corinthiens 13.7-8). La seule tentative d’essayer d’agir par amour générera un sentiment d’impuissance et d’échec. Nous deviendrons amers et désillusionnés.

A l’inverse, faire pénétrer l’amour – celui que Dieu offre – au plus profond de nous par le biais de la formation spirituelle nous permettra d’aimer à une telle échelle que nous en serons les premiers surpris. Et cet amour deviendra dès lors une constante source de joie et de renouvellement pour nous et pour les autres

Selon la promesse, cet amour sera « une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle » (Jean 4.14), et pas un fardeau supplémentaire à porter tout au long de notre vie, comme c’est le cas chaque fois que nous essayons d’aimer. La formation spirituelle est le moyen d’apprendre, en qualité de disciples – apprentis de Jésus -, à « observer tout ce qu’il a commandé, » en se rappelant le contexte qui explique pourquoi cela est possible : « tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre » et « voici, je suis avec vous tous les jours. » (Matthieu 28.18, 20).

Vous avez probablement déjà entendu des gens dire : « Je veux être patient… maintenant ! » Nous en rions parce que nous voyons bien le côté paradoxal : vouloir quelque chose tout de suite et souhaiter être patient n’est pas compatible. Non, c’est lorsque nous croîtrons dans l’amour – pour rappel, la disposition et le désir profonds et sincères de rechercher le bien d’autrui – que nous deviendrons naturellement plus patients.

Défis pratiques

Pour vous, que signifie concrètement cette affirmation : « Faire pénétrer l’amour – celui que Dieu offre – au plus profond de votre être par le biais de la formation spirituelle ? »
Pourquoi ne pas profiter de l’occasion du temps du carême (26/02 – 06/04) pour mettre en place les points suivants :

Parcourez un Évangile, en vous interrompant pour réfléchir à tous les actes d’amour de Jésus et les savourer.
Concentrez-vous sur un acte d’amour et imaginez-vous le visage de Christ à ce moment précis. Si vous préférez, imaginez-vous à la place de la personne que Jésus aime et laissez-vous remplir de cet amour. Au moment de vous coucher le soir, gardez à l’esprit ce regard d’amour sur le visage du Seigneur.
Passez quelques minutes avec la personne la plus aimante que vous connaissez. Pendant tout le temps que vous êtes ensemble, remerciez Dieu pour cette personne qui vous offre une fenêtre ouverte sur le cœur de Dieu.
Rendez quelques petits services à un proche qui se sent submergé : faites son lit, nettoyez les toilettes, ou passez le coup de fil qu’il ou elle reporte depuis trop longtemps.

Avec ces défis (qui sont en réalité des exemples pratiques pour les disciplines spirituelles d’étude, de méditation, de communauté et de service), prenez votre temps et gardez à l’esprit l’intention d’explorer la manière dont Dieu aime par ces actions. Concentrez-vous sur cette vision de l’amour offert par Dieu tout au long de cette période de carême.

Lectures proposées

Lire et méditer un Évangile régulièrement pendant la saison du carême.