L’éducation spirituelle chrétienne ne se focalise pas sur la manière dont un croyant manifeste extérieurement le caractère de Christ en lui. Lorsque l’emphase est mise sur les actions visibles et le comportement, le processus n’aboutira pas ; il deviendra un légalisme meurtrier. Cette mauvaise compréhension a eu des effets négatifs dans le passé. C’est la raison principale pour laquelle plusieurs chrétiens se méfient des pratiques liés à la formation spirituelle. Pour bien l’aborder, il nous faut dépasser les questions relatives à l’habillement, le comportement et l’organisation.

L’externalisme, comme on pourrait l’appeler, représentait déjà un danger au temps du Nouveau Testament. Mais « que Christ soit formé en vous » reste l’éternel mot d’ordre de la formation spirituelle (Galates 4.19). Il prend tout son sens lorsque nous saisissons pleinement que, tant sur le plan moral que spirituel, « la lettre tue, mais l’esprit vivifie. » (2 Corinthiens 3.6)

En bref, les enseignements de Jésus dans le Sermon sur la montagne (voir Matthieu 5.1-7.29) réfèrent à divers mauvais comportements : la colère, la concupiscence, le divorce impitoyable, les manipulations verbales, rendre le mal pour le mal, et ainsi de suite. Lorsque l’on voit tout ce qui peut sortir de notre cœur, tous nos efforts pour vivre en conformité avec l’enseignement de Jésus sur la façon de vivre dans le Royaume de Dieu semblent relever de l’impossible.

Croire que la formation spirituelle concerne l’ajustement de ses comportements extérieurs (c’est-à-dire au niveau de nos actions particulières) vise à accroître « la justice des scribes et des pharisiens », alors qu’il s’agit d’aller au-delà (Matthieu 5.20). Cela n’aboutit jamais à une véritable transformation de qui nous sommes à l’intérieur – c’est-à-dire un homme ou une femme de Dieu qui vit et s’épanouit dans son Royaume.

Devenir comme Christ au plus profond de notre être n’est pas réalisable humainement parlant. En fin de compte, c’est un don de grâce. La formation spirituelle offre le repos à tous ceux qui sont fatigués et chargés : Il rend doux le joug et léger le fardeau (Matthieu 11.28-30), Il permet de nettoyer l’intérieur de la coupe et du plat (Matthieu 23.26) et Il fait en sorte que le bon arbre ne porte pas de mauvais fruits (Luc 6.43). C’est le chemin sur lequel les commandements de Christ ne seront ni trop lourds ni trop pénibles (1 Jean 5.3).

Certaines personnes considèrent le moment où elles sont venues à la foi un peu comme une arnaque. D’abord, on leur a beaucoup parlé de la grâce : nous sommes sauvés par grâce et ce salut est un don gratuit. Mais, après quelques temps, on leur a demandé d’essayer de devenir de bonnes personnes. Qu’il est fatigant d’essayer d’être bon ! On commence à se dire que ce don soi-disant gratuit coûte finalement beaucoup plus cher que ce que nous pouvons donner. On est en proie à des réflexions telles que : « Je n’y arriverai jamais. » Considérons un instant l’effet dévastateur des tentatives d’être bon. Lorsque notre croissance semble avoir décollé, notre spiritualité tourne en réalité autour de notre personne, au lieu de regarder à la puissance de Dieu dans nos vies. Lorsque nous déployons tous nos efforts et que nous échouons quand même, nous nous reprochons plein de choses. Nous utilisons une énergie énorme à nous culpabiliser et à nous décourager, plutôt que de nous laisser guider vers la vie divine en nous émerveillant de l’incroyable exemple de Jésus tel que décrit dans les Evangiles.

Le poids des tentatives à devenir bon est un fardeau inutile parce que Dieu nous appelle au contraire à une transformation intérieure radicale. Dieu travaillera en nous (Philippiens 1.6). Nous avons un rôle à jouer dans notre coopération avec Dieu, et c’est ce que nous découvrirons au fil de ces défis. Cependant, ne faisons pas de cette coopération notre projet personnel. Demandons à Dieu de nous montrer les prochains petits pas à entreprendre et la manière de le faire.

Défi pratique

Cette semaine,

Confessez toutes vos tentatives de devenir à l’image de Jésus sur l’unique base de vos efforts. Réfléchissez aux résultats (ou au manque de résultats, notamment aux péchés qui semblent ne jamais disparaître). Considérez la quantité d’énergie déployée et les résultats réalisés.

Méditez plusieurs fois la pensée suivante : « Christ en vous, l’espoir de gloire. » (Colossiens 1.27) Imprégnez-vous de cette pensée. Si vous le désirez, demandez à Dieu de faire cette œuvre en vous. Demandez-lui de vous montrer le prochain petit pas (ou les deux ou trois suivants) qui vous permettra de participer à ce que cette parole se réalise dans votre vie. Si vous n’êtes pas encore convaincu qu’Il vous guidera, demandez-lui d’augmenter votre foi à ce sujet.

Priez pour que les communautés chrétiennes et leurs responsables aspirent à cette transformation intérieure afin que les chrétiens agissent comme des connecteurs entre le ciel et la terre.

Lectures proposées

o Jean 15.4-5 (mémorisation)
o Jean 15.1-11
o Luc 11.9-13
o Psaume 84.1-12
o Psaume 51.1-10
o Psaume 51.11-19