A midi, il y eut des ténèbres sur tout le pays, jusqu’à trois heures de l’après-midi. Et à trois heures de l’après-midi, Jésus s’écria d’une voix forte : « Eloï, Eloï, lama sabachthani ? » – ce qui signifie : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Quelques-uns de ceux qui étaient là, après l’avoir entendu, disaient : « Voici qu’il appelle Elie. » Et l’un d’eux courut remplir une éponge de vinaigre ; il la fixa à un roseau et lui donna à boire en disant : « Laissez donc, voyons si Elie viendra le descendre de là. » Cependant, Jésus poussa un grand cri et expira. Le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Quand l’officier romain qui se tenait en face de Jésus entendit son cri et le vit expirer de cette manière, il dit : « Cet homme était vraiment le Fils de Dieu. » Il y avait aussi des femmes qui regardaient de loin. Parmi elles étaient Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques le jeune et de Joses, ainsi que Salomé, qui le suivaient et le servaient lorsqu’il était en Galilée, et beaucoup d’autres femmes qui étaient aussi montées avec lui à Jérusalem. – Marc 15.33-41 –

Les évènements du Vendredi Saint reflètent un véritable paradoxe. Ils sont à la fois atroces et merveilleux, scandaleux et magnifiques, la pire des haines et la plus belle manifestation d’amour. Ce jour-là, nous avons été jugés et pardonnés, condamnés et libérés, maudits et bénis.

Ce fut le jour le plus sombre de l’Histoire. Beaucoup de ceux qui avaient suivi Jésus s’étaient enfuis. Et ceux qui restaient regardaient en pleurant l’horreur qui se déroulait devant leurs yeux : le procès bidon, la foule réclamant le sang de cet homme qui refusait de se plier à leurs exigences. La violence de la flagellation, la brutalité des soldats, la marche épuisante à travers la ville – une ville qui l’avait acclamé à peine cinq jours auparavant. Enfin, les clous qui transpercent la chair, le corps martyrisé qui cesse de se mouvoir et l’homme nu qui meurt face à ses ennemis qui l’injurient.

Pour les disciples, eux qui avaient tout quitté pour le suivre, quelle horrible journée ! Cet homme en qui ils avaient placé tout leur espoir était mort sur le bois. Ainsi résonnait le glas de leur foi, tous leurs espoirs d’un nouveau royaume étaient anéantis, c’était la fin de tout ce qu’ils croyaient. Ou du moins, c’est ce qu’ils pensaient…

Alors qu’ils déposaient Jésus dans la tombe, ils ne pouvaient pas encore voir ce que leur réservait la journée du dimanche. Ils ne pouvaient voir la défaite de la mort, la gloire de la résurrection ou l’avancement du Royaume de Dieu. Ils n’avaient pas assez de recul. Ils ne pouvaient échapper à cette journée ; ils ne pouvaient que la vivre. La vivre dans la douleur et la mort.

Il en est de même pour nous : nous ne pouvons échapper à ce jour. Nous devons passer par la douleur, la mort et l’ensevelissement pour atteindre la résurrection. Nous devons traverser les ténèbres du vendredi pour voir la lumière de Pâques.

Dieu est un Dieu de lumière : les ténèbres ne peuvent subsister en Sa présence. Nos cœurs sont noirs, remplis de péché, et nous tremblons à cette pensée. Mais Jésus, en qui tout est bon, s’est revêtu de la noirceur de nos péchés et a enduré la fureur de Dieu à notre place. Sur la Croix, Il a été détruit et séparé de son Père. C’était censé être notre destin. Or, ce jour-là, Dieu ne nous a pas rejetés. Jésus-Christ, la lumière véritable, a plongé au plus profond des ténèbres afin que nous puissions vivre en pleine lumière.

Nous pouvons traverser les ténèbres du Vendredi Saint parce que Jésus nous y a précédés. Il nous sauve et nous apporte la joie éternelle d’une manière qui ne peut venir que de Dieu. Pâques n’est pas loin !

Réflexion :

1. Prenez quelques minutes pour méditer sur les ténèbres de ce premier vendredi. Imaginez ce que les disciples ont pu vivre ce jour-là.
2. Relisez Esaïe 53.1-6, méditez sur les souffrances et la mort de Jésus.

Dieu saint, tu nous as ouvert les oreilles pour que nous entendions ta Parole et les lèvres pour que nous proclamions ta vérité. Ouvre nos yeux aujourd’hui pour que nous puissions voir la Croix à la lumière de ton amour manifesté par Jésus crucifié. A Lui, un seul Dieu avec le Père et l’Esprit, reviennent gloire et honneur, pour les siècles des siècles. Amen.

Extrait de Journey to the Cross: Readings & Devotions for Lent de Kendal Haug et Will Walker.
Librement traduit de l’anglais par Eunice Parodi.